Pollution digitale: Qu’est-ce que c’est ?

La pollution digitale (ou numérique) comprend toutes les sources de pollution environnementale produites par les outils numériques. Elle est divisée en deux parties : la première est liée à la fabrication de tout outil numérique, et la seconde au fonctionnement d’internet.

De plus en plus, internet et le secteur digital sont pointés du doigt pour leur impact environnemental. Aujourd'hui, certains affirment même qu'une personne connectée serait le pire des pollueurs. Le secteur du numérique représente en effet d'importantes émissions de gaz à effet de serre. Ainsi que diverses autres pollutions et consommation de ressources.

Parallèlement, les usages du numérique signifient également un meilleur partage de l'information, une communication instantanée et une amélioration des échanges. Soit moins de gaspillage de papier et de temps. Moins de déplacements et plus de partage et de collaborations.

Dans ce cas comment optimiser notre usage quotidien du numérique ? Comment réduire la pollution digitale et son impact sur l'environnement ? 

Alors que l'impact environnemental du digital devient souvent un argument pour discréditer l'engagement écologique, des nomades digital, de toute personne qui oserait disposer d'un compte facebook ou pire encore d'un smartphone. Nous allons voir que les acteurs du numérique favorisent souvent activement la création d’énergie verte et qu'il existe beaucoup de solutions efficaces pour réduire la pollution digitale.

La pollution digitale en chiffres

Le numérique contribue considérablement à l'impact environnemental de l'Humanité. Selon une étude réalisée en 2019 par Frédéric Bordage, expert français du numérique, il représenterait près de 3,8% des émissions de gaz à effet de serre mondiales. Soit l'équivalent d'environ 116 millions de tours du monde en voiture !

Les équipements sont la principale source de pollution lié au digital, et notamment leur production. En 2019, le classement des sources d'impact (par ordre décroissant d'importance) est le suivant:

  1. Fabrication des équipements ;
  2. Consommation électrique des équipements ;
  3. Consommation électrique du réseau ;
  4. Consommation électrique des centres informatiques ;
  5. Fabrication des équipements réseau ;
  6. Fabrication des équipements hébergés par les centres informatiques (serveurs, etc)

Selon le rapport de Shift Project également réalisé en 2019. La consommation électrique du numérique augmente de 9% par an. La part de la consommation électrique serait due à l'usage à hauteur de 55%, contre 45% pour la production des équipements.

Il est toutefois important de noter que le numérique représente 2.5x moins que les émissions CO2 du transport routier, sans compter la production des véhicules ou des infrastructures. C’est aussi 3x moins que l’impact carbone lié à la déforestation. Ainsi que presque 2x moins que la consommation énergétique des bâtiments commerciaux.

énergie éolienne pollution digitale

Quelles sont les principales causes de la pollution digitale ?

Comme le soulignent ces chiffres, les principales causes de la pollution numérique sont à la fois la fabrication des équipements et la consommation électrique des équipements ainsi que du réseau.

C'est à dire en particulier l'utilisation de ressources et les étapes d'extraction et de transformation des matières premières pour la fabrication des équipement électroniques. Ainsi que les méthodes utilisées pour produire de l'électricité.

À ce sujet, il est important de noter que l'électricité est l'énergie la moins polluante puisqu'elle n'émet ni particules fines ni CO2. À condition toutefois qu’elle soit produite à partir d’énergies renouvelables. Malheureusement, aujourd'hui c'est encore loin d'être le cas. Puisque la production mondiale d'électricité est encore principalement issue des combustibles fossiles. 

Comment un hébergement web écologique peut réduire la pollution digitale ?

L'hébergement web est réputé être très énergivore et peu écologique. En effet, comme nous l'avons vu précédemment la consommation électrique du réseau est parmi les principales causes de la pollution digitale.

En règle générale, les centres de données ont plusieurs milliers d'ordinateurs et de serveurs de grande puissance, la plupart d'entre eux utilisent CPU et disques durs en permanence. Ils génèrent ainsi tellement de chaleur que le fournisseur aura en plus généralement besoin d'un système de climatisation pour maintenir des températures supportables la où ils sont installés.

Les acteurs de l'industrie de l'hébergement web ont d'ailleurs bien compris l'importance de passer au vert. Que ce soit par souci économique, pour un impact marketing ou bien poussés par de réels motivations éco-responsables ils sont nombreux à proposer des solutions d'hébergement web écologiques. Leurs engagements vont de la compensation de leurs émissions carbone à la promesse d'être alimentés à 100% par énergies renouvelables. 

D'autres vont plus loin, comme Infomaniak, pionnier de l'hébergement internet écologique en Europe. Avec notamment la mise en place d’une charte environnementale dans laquelle figurent 20 engagements, à savoir par exemple: 

  • énergie issue à 100% des énergies renouvelables, 
  • système de refroidissement par air extérieur, sans climatisation
  • serveurs à faible consommation énergétique
  • recyclage des déchets

Voici un tableau comparatif de différentes offres de base d'hébergement web écologique:

Hébergeur

Espace Disque

Bande Passante

Certificat SSL

Multi domaines

Type D'énergie


Infomaniak

100GB 

illimité

inclus

Oui

100% renouvelable

Ionos

100GB

illimité

inclus

Non

100% renouvelable

GreenGeeks

illimité

illimité

inclus

Non

300% compensée

HostPapa

100GB

illimité

inclus

Oui

100% renouvelable

Comment réduire l'impact du numérique sur l'environnement ?

Les solutions écologiques sont de toute évidence assez nombreuses, lorsque vous êtes blogger, de même si vous souhaitez simplement créer un site internet écoresponsable pour vous ou bien pour votre entreprise. Qu'en est-il en revanche pour réduire l'impact de la pollution digitale au quotidien ? 

À ce propos, en tant qu'utilisateurs, nous pouvons également agir pour minimiser ces impacts. L'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME) a d'ailleurs publié un guide à ce sujet avec des conseils pratiques ainsi que des bonnes idées à appliquer quotidiennement.

Viser la longévité des équipements

Les équipements numériques ont des conséquences environnementales tout au long de leur cycle de vie. La production de leurs composants exige beaucoup d'énergie, des traitements chimiques ainsi que des métaux rares. Rappelez-vous toujours que le meilleur déchet est celui que l'on ne produit pas ! Ainsi, avant d'acheter, demandez-vous toujours si cet achat est réellement nécessaire. Ou bien, est-ce que l'appareil électronique dont vous voulez vous séparer est-il toujours en état de marche ? Si oui, pensez à le revendre, il existe aujourd'hui un marché de plus en plus important pour les appareils reconditionnés. En revanche, si il ne fonctionne plus, pensez à toujours recycler vos déchets électroniques convenablement.

pollution digitale déchets électroniques

Est-ce que les mails polluent ?

L’impact de l’envoi d’un mail dépend du poids des pièces jointes, de son temps de stockage sur un serveur mais aussi du nombre de destinataires. Pour alléger vos mail:

  • Ciblez les destinataires, nettoyez vos listes de diffusion et supprimez les pièces jointes d'un message auquel vous répondez
  • Optimisez la taille des fichiers que vous transmettez
  • Pensez à utiliser des sites de dépôt temporaire plutôt que l'envoi en pièce jointe
  • Nettoyez régulièrement votre boîte mail et désinscrivez-vous des listes de diffusion qui ne vous intéressent pas

Est-ce que le stockage de données pollue ?

Le stockage de données se fait de plus en plus sur des serveurs mail et sur le Cloud. Pour optimiser votre stockage de documents, vidéos, photos ou de musique, pensez à:

  • Ne conserver que ce qui est utile
  • Stocker et utiliser le maximum de données localement
  • Stocker uniquement le nécessaire sur le Cloud

Pour conclure, les vidéos en ligne représentent 60% du flux mondial de données et sont responsables de près de 1% des émissions mondiales de CO2. Donc, pour réduire leur impact pensez à désactiver la lecture automatique dans les paramètres des applications. Privilégiez la musique téléchargée ou bien les plateformes de streaming audio plutôt que celles avec des clips musicaux.

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